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Carnet de voyage "Burkina Solidarité" : premiers pas sur scène
Publié le : 08 juillet 2009 | Classé dans Voyage, sport
0 Durant le mois de juillet, les membres de l’association Ebisol de l’université Paris 7 se rendent au Burkina-Faso pour y mener une action de prévention contre le paludisme, en partenariat avec une troupe de théâtre locale. Chaque semaine ils nous enverront un extrait de leur carnet de voyage. Deuxième extrait, où les jeunes étudiants nous racontent les premières représentations et la rencontre avec les acteurs locaux de la santé.
Dimanche 28 juin – Première journée de représentation
Nous partons à 10h pour aller à Bama. Sur la route, nous nous arrêtons pour déjeuner avec les acteurs et les musiciens du spectacle. La plupart sont timides, n'osent pas nous parler, mais nous essayons de casser la glace peu à peu.
Une fois à Bama, l'échange devient plus facile. Batémé, Oussou et Idrissa nous font découvrir le marché, où nous sommes ébahis par les couleurs, les tissus, mais aussi les peaux d'animaux vendues pour confectionner des remèdes ancestraux.
Après le déchargement du minibus et l'installation du décor, nous partons pour une pause tourisme en attendant l'arrivée des spectateurs. Nous nous installons sur le toit du minibus pour aller au lac. De là, nous découvrons de nouveaux horizons: les cours des maisons s'ouvrent à nous, laissant apparaître le linge qui sèche, les enfants tirant l'eau du puits et les femmes broyant le mil. A notre passage, les enfants accourent et nous saluent de la main. Au début amusés et répondant aux "bonjours" nous sommes quand même embarrassés par cet accueil digne de celui réservé à un Président de la république...
Arrivés au lac, nous embarquons sur une pirogue et voguons entre les plantes aquatiques. Au milieu du lac, nous entendons un barrissement, puis des oreilles d'hippopotame surgissent. Là, les hippopotames s'approchent vers nous, ce qui effraie nos piroguiers qui rentrent à toute allure. Sur la berge, les enfants accourent vers nous pour nous serrer la main et nous offrir des fleurs de nénuphars.
De retour à la scène, nous découvrons que plus de 500 personnes sont là. Le public est très réactif, les rires sonores sont communicatifs. Vers la fin de la représentation, nous entrons en scène vêtus de nos blouses blanches, serrons la main des acteurs et dansons avec eux. Ensuite, nous devons choisir les gens à qui nous posons les questions, une moustiquaire est en jeu. Nous détestons tous devoir choisir. Heureusement, la vente de moustiquaires qui suit la représentation se passe bien, et les gens sensibilisés ont bien compris qu'il était important de se munir d'une moustiquaire, surtout pour la saison des pluies.
Lundi 29 juin
Deuxième journée de représentation, nous sommes beaucoup plus à l'aise.
La Major du CSPS (la directrice de la Coordination Sécurité et Protection de la Santé) et le chef du village viennent nous saluer. Dès que le décor est installé, Solo et Zaccaria jouent du djembé et du balafon, Idrissa fait du diabolo et Oussou jongle. Ensuite, ils dansent, alors nous les rejoignons, ce qui fait beaucoup rire le public qui arrive peu à peu.
Mercredi 1er juillet - Visite du champ agricole pour la cantine scolaire
Nous partons dès l'aube pour visiter le champ à la fraicheur matinale.
Eric Zio, directeur de l'école primaire et initiateur du projet, nous montre les différentes cultures : mil, mais et haricots ne sont que des pouces à cette saison, alors que les papayes sont en train d'être récoltées. Après la traversée des 15 hectares, nous acceptons avec plaisir le riz sauce arachide que nous mangeons à la main. Nous discutons avec Eric des derniers investissements à faire pour rendre le champ totalement autonome
Jeudi 02 juillet - Journée à Terya So
Au Burkina, les enfants n'ont pas école le jeudi et l'association Terya So organise un centre de loisirs qui accueille 50 enfants.
Jérôme nous fait visiter le centre : la bibliothèque où nous voyons avec nostalgie les livres de notre enfance mais aussi les "annabacs " et découvrons un placard contenant des jeux de société pour apprendre à lire, compter mais aussi se protéger du Sida. Il y a des dessins partout sur les murs, des guirlandes faîtes par les enfants pendent au plafond. Quelques droits sont illustrés: le droit d'être différent, d'être soigné, d'aller à l'école, de s'exprimer, de vivre avec sa famille, et de jouer. A l'heure de la récréation, Martin et Romain jouent au foot, les autres organisent un "1 2 3 soleil" puis le jeu des cerfs et des chasseurs. Les enfants sont ravis d'apprendre ce nouveau jeu.
L'après-midi, nous allons en tournée au village de Badara. L'accueil est bien moins chaleureux que d'habitude, voire presque hostile. Nous ne sommes pas à l'aise, des hommes saouls nous abordent, un clochard avance sur la scène en plein spectacle. Baténé nous explique que c'est un village où le jour du marché, les villageois touchent leur salaire, font la fête, et boivent du dolo, bière locale. Tant bien que mal, la pièce se poursuit. Nous rentrons déçus, consolés par de meilleures tournées en perspective.
Vendredi 3 juillet - Visite de l'école
Arrivés dans le quartier de Sakaby dès 7h30, nous sommes salués par des enfants sur le chemin de l'école. Nous rencontrons la présidente de l'Association des Mères d'Enfants (AME), association qui réunit les 8 femmes qui cuisinent chaque jour bénévolement les repas de la cantine. Ensuite, nous faisons le tour des classes : il y a une classe par niveau, donc environ 120 élèves installés dans une grande salle peu éclairée et infestée de mouches ! Alors que Doriane et moi discutons du budget et des activités de la fête de l'école, les autres jouent avec les enfants pendant la récréation. Là, Pauline et Jérémy voient une enfant qui vomit. En lui touchant le front, ils s'aperçoivent qu'elle est brûlante. Alertés par ces 2 signes, ils préviennent son professeur et l'emmènent en urgence au CSPS. Leur diagnostic y est confirmé, c'est une crise de paludisme. L'enfant prise en charge, Pauline et Jérémy reviennent parmi nous. Nous préparons la fête de l'école : confection des activités et des lots pour les élèves les plus méritants.
L'après-midi, nous visitons le CSPS du quartier de Tounouma. Martin y fait une interview sur le paludisme, mais nous questionnons aussi la major sur le VIH, l'espacement des naissances et les maladies infantiles. Nous entendons des pleurs : c'est le premier cri d'un nouveau-né.
A lire aussi :
L’article sur Burkina Solidarité (pour en savoir plus sur le projet ) >>
Carnet de voyage Burkina Solidarité n°1 : L’arrivée au Burkina-Faso >>
Photos : Représentation théâtrale (Projet Burkina Solidarité 2009) : la danse des étudiants de Burkina Solidarité et la pièce des acteurs burkinabés.