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MAGAZINE // Voyage, sport

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Carnet de voyage "Burkina Solidarité" : Première visite à la pouponnière Sourires d’enfants

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Durant le mois de juillet, les membres de l’association Ebisol de l’université Paris 7 se rendent au Burkina-Faso pour y mener une action de prévention contre le paludisme, en partenariat avec une troupe de théâtre locale. Ils travaillent également à l’aménagement d’une pouponnière et font de l’animation auprès des enfants de l’association Terya So. Quatrième extrait de leur carnet de voyage, où les jeunes étudiants découvrent la pouponnière.


Vendredi 10 juillet

Le matin, nous nous rendons à la pouponnière Deniseyélé, Sourires d'enfants. Elle est située dans le quartier Sarfalaou, en périphérie de Bobo.
A l'entrée, nous sommes accueillis par Batimé, 13 ans, l'aîné de la pouponnière. Il est mal voyant et, faute de structure compétente, contraint de rester à l'orphelinat. Depuis un an, il va à l'école maternelle et a des copains dans le quartier.
Dans la cour, Albertine, nourrice ici depuis 5 ans,  joue avec les 8 autres enfants âgés de 6 à 24 mois. Ils sont d'abord effrayés puis intrigués mais  leur esprit joueur prend le dessus. Jérémy et Martin craquent pour les jumelles, je chante des comptines à Kalifa pendant que Caro joue au ballon avec Batimé. Pendant le déjeuner des enfants, Albertine nous explique le fonctionnement de la pouponnière. Nous faisons l'inventaire de ce qu'il va falloir améliorer : acheter des moustiquaires, réparer des lits. C'est ensuite l'heure de la sieste. Cette pouponnière aux allures de crèche française est un véritable havre de paix, les enfants y sont en excellente santé.
L'après-midi, nous faisons une représentation de la pièce à l'ERJ (Espace Rencontre Jeunesse) de Bobo, où des amis étudiants en médecine à la faculté de Créteil organisent le soutien scolaire le matin et proposent des activités ludiques l'après-midi. La préparation est moins longue que d'habitude, car tous les jeunes spectateurs sont déjà là, mais nous faisons quand même notre petit moment de danse habituel, qui fait rire les enfants autant que nos amis. Comme il n'y a pas de vente de moustiquaires à la fin de la pièce, Jérôme organise un forum et fait participer le public : les enfants doivent noter les réactions des personnages pendant la pièce, et convaincre ceux qui ont mal agi de changer d'avis.


Samedi 11 juillet

Départ à 7h30 pour jouer la pièce à Orodara. C'est une ville assez grande, capitale du fruit au Burkina Faso. L'ambiance de la ville, très animée, en effervescence permanente, nuit à la pièce. En effet, le public est peu attentif. Les questions et la vente ont lieu vers 12h, quand le soleil tape fort. Il y a des erreurs quand les gens répondent à nos questions. Nous rentrons fatigués et déçus. Du coup, Jérôme déjeune avec nous puis nous emmène en ville. Nous visitons la principale mosquée de Bobo, puis découvrons la vieille ville, seul lieu ici où les Bobo et les Dioula sont séparés. Au détour d'une rue, nous goûtons aux chenilles grillées...


Dimanche 12 juillet

Nous allons à Koro, village voisin de Bobo et pourtant perdu dans une nature luxuriante. Nous arrivons tôt afin de faire du tourisme : la ville a été construite en altitude, cachée par les reliefs granitiques pour se protéger des conflits. Chaque année, à la saison humide, le quartier des agriculteurs est abandonné. En effet, ceux-ci vivent dans la plaine le temps des récoltes. Nous rencontrons de jeunes enfants qui gravissent les rochers avec un bac d'eau ou un fagot sur la tête, pour se rendre dans le quartier des forgerons.
La pièce de théatre, que nous jouons dans la plaine, rencontre un large succès.


Lundi 13 juillet -  Journée off

Nous nous prélassons dans la piscine d'un hôtel Bobolais. Comme c'est un jour de semaine, le bassin nous appartient.
En fin d'après midi, Eric vient nous parler du champ. Il faut faire face aux imprévus : les pluies sont trop irrégulières et il y a une recrudescence de serpents. Nous décidons aussi avec lui d'un nouvel investissement : l'achat d'une paire de bœufs, pour autonomiser la production et la rendre indépendante des groupes de travailleuses occasionnelles, de la location d'un tracteur...


Mardi 14 juillet

Nous sommes réveillés par la pluie dont le bruit couvre nos voix. Nous profitons de la fraîcheur pour faire toutes les démarches administratives : aller à la banque, au cyber café...
Le soir, le consulat organise un banquet pour les Français présents à Bobo. Nous y rencontrons des expatriés qui travaillent à Bobo depuis longtemps, mais aussi d'autres jeunes venus pour des projets humanitaires. Nous échangeons nos impressions, mais aussi les bons plans et bonnes adresses !


Mercredi 15 juillet - Anniversaire de Martin

Parce qu'on n'a 20 ans qu'une fois, nous avons prévu une journée exceptionnelle pour Martin.
A 9h, nous partons avec Jérôme et Ibrahim. Pour une fois, nous laissons le minibus , et décidons de découvrir les environs de Bobo en mobylette et en moto. A deux roues dans la brousse, un sentiment infini de liberté s'empare de nous!
Nous allons d'abord visiter le village traditionnel de Koumi, à 16km de la ville. Ensuite, nous nous rendons à la forêt du Kou, aussi appelée Guiguette, qui est une forêt classée aux allures de jungle. Entre les lianes, nous nous prenons pour tarzan, puis pour Indiana Jones lorsqu'il s'agit de traverser la rivière sur un pont de bois qui bascule...
Le soir venu, nous organisons une fête avec nos amis rencontrés ici : nos voisins, les acteurs de la troupes et les animatrices bénévoles de Terya SO Alex et Elsa.


Jeudi 16 juillet -  Journée Terya So

Dès 9h, nous sommes au centre aéré. Je vais à nouveau avec le groupe de Djibril, où nous reprenons avec les enfants les pas de danse de la semaine dernière, sauf que cette fois, c'est moi qui montre les pas aux enfants! Un groupe plus calme fait des dessins avec Elsa, Alex et Doriane. Un troisième groupe fait des jeux sportifs, après une courte nuit, difficile de suivre! En deuxième partie de matinée, on change de groupe, je vais alors avec Lalou. Nous jouons avec les enfants à 1,2,3,soleil, puis je leur apprend un nouveau jeu qui les fait beaucoup rire : colin mayard.
L'après midi, nous faisons une sensibilisation sur le Sida pour les ados. Ils sont timides, prennent peu la parole si on ne les interroge pas. Petit à petit, ils osent poser des questions. Après une heure d'échange, nous leur proposons de faire des exercices d'improvisations sur des thèmes relatifs au sida. Ils se libèrent complètement, ont de l'imagination et tout le monde rit. Ils rappellent avec aisance les modes de transmission du virus et les moyens de s'en protéger.


A lire aussi:

L’article sur Burkina Solidarité (pour en savoir plus sur le projet ) >>
Carnet de voyage Burkina Solidarité n°1 : L’arrivée au Burkina-Faso >>
Carnet de voyage Burkina Solidarité n°2 : Premiers pas sur scène >>
Carnet de voyage Burkina Solidarité n°3 : Jeux d’enfants >>


Photo : Pouponnière "Sourires d'enfants", projet Burkina Solidarité 2008

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