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Carnet de voyage "Burkina Solidarité" : Derniers jours au Burkina
Publié le : 01 août 2009 | Classé dans Voyage, sport
0 Durant le mois de juillet, les membres de l’association Ebisol de l’université Paris 7 se rendent au Burkina-Faso pour y mener une action de prévention contre le paludisme, en partenariat avec une troupe de théâtre locale. Ils travaillent également à l’aménagement d’une pouponnière et font de l’animation auprès des enfants de l’association Terya So.
Cinquième et dernier extrait de leur carnet de voyage.
Vendredi 17 juillet
Pauline, Martin, Jérémy et moi retournons au champ. Nous y constatons que le travail de désherbage a été entrepris, les maïs a été semé, un nouvel hectare de bas-fond sert à la culture de riz.
Les femmes de l’association de parents d’élèves sont venues avec nous : elles ont ainsi une idée de ce que sera la récolte pendant l’année et des aléas qui peuvent survenir.
Pendant ce temps, Caro et Leslie sont à la pouponnière, où elles retrouvent les enfants qui sont heureux de jouer avec elles.
Doriane va quant à elle au centre aéré.
Samedi 18 juillet
Nous allons jouer la pièce au village de Kadomba. Eric Zio, qui a été longtemps directeur de l’école du village, nous accompagne. Dès notre arrivée, nous voyons le ciel noircir. Pas de temps à perdre, le public est nombreux alors la pièce commence. Et à peine a-t-elle fini qu’une pluie violente s’abat sur nous. Heureusement, les spectateurs ont bien répondu aux questions, mais tout le monde s’en va vite et la vente de moustiquaires est écourtée.
Le soir, nous découvrons le cinéma de Bobo-dioulasso : la comédie ivoirienne « Le Gaucher d’Abidjan » fait rire le public dans la grande salle climatisée. Le film est en français, donc c’est un public plutôt instruit et aisé qui y assiste.
Dimanche 19 juillet
Départ à 6h35 : Eric m’attend en scooter, nous allons à Bama pour acheter des bœufs de trait, c'est-à-dire des zébus. Bama, c’est la ville où nous avions fait la première sensibilisation ; 4 semaines plus tard, je porte un autre regard sur cette ville animée, où je ne me sens plus étrangère.
Nous rencontrons plusieurs vendeurs potentiels, discutons des prix avec eux, puis allons voir un élevage. Ici, les bergers sont de l’ethnie peulh. Les critères de choix sont nombreux : on veut des bœufs jeunes mais robustes, qui pourront travailler dès la saison prochaine. Il faut donc un museau court, le poil lisse, pas de blessure. Une fois les 2 bœufs choisis, il faut marchander, Eric s’en occupe. Nous convenons aussi du transport des bœufs : ceux-ci seront « chassés » jusqu’au champ par un berger qui les conduira du lieu d’élevage jusqu’au champ.
L’après-midi, le reste du groupe part en tournée.
Lundi 20 juillet
Je vais à Terya So le matin. Alexandra et Elsa font faire faire aux enfants l’empreinte de leur main à la peinture. Au cours de la matinée, la grande feuille se remplit de petites menottes colorées.
Je vais avec Macalou, qui s’occupe d’enfants qui sont au CP. Dans un premier temps, chaque enfant doit inventer une histoire. Les enfants ont beaucoup d’imagination, mais le thème de la pauvreté est récurrent. En deuxième partie de matinée, nous organisons des jeux : je leur apprends « le facteur n’est pas passé » puis « la tomate » et nous finissons par « 1, 2, 3, soleil ! »
Caro, Martin et Doriane vont à la pouponnière. Ils discutent des financements avec Albertine puis donnent quelques nouveaux jouets aux enfants.
Mardi 21 juillet
Pour leur dernière journée au centre, Elsa et Alexandra organisent une chasse au trésor. Les enfants devinent vite les énigmes et courent d’un point à l’autre en chantant joyeusement. Tout le monde gagne des bonbons. La chasse a duré beaucoup moins de temps que prévu, les filles en profitent pour faire un concours de danse qui se transforme ensuite en « boom » : enfants et animateurs dansent tous ensemble.
L’après-midi, nous partons en tournée. Mais comme la chaleur matinale l’annonçait, il se met à pleuvoir. La visibilité est trop faible, la route n’est plus qu’une rivière. La tournée est alors annulée, et nous accueillons les acteurs à la maison. Quand la pluie cesse quelques heures plus tard, Oussou et Baténé nous emmènent au marché.
Jeudi 23 juillet
Le matin, nous allons en tournée à Yeguéré. Le village est très attentif, rit beaucoup dès qu’il y a un sketch ou que les « toubabous » que nous sommes se mettent à danser ! La pièce se passe bien et nous rentrons à temps pour passer l’après-midi avec les ados du centre. Le thème du jour, c’est la sensibilisation à l’hygiène : hygiène corporelle, dentaire et manuelle. Les ados sont bien au courant sur le sujet, et maintenant qu’ils nous connaissent bien, ils prennent la parole sans difficulté. Ensuite, c’est l’heure de s’amuser ! On organise un relais constitué de 3 épreuves : saute-mouton, course en sac, sprint. On enchaine avec le jeu du béret… Les Français se montrent particulièrement mauvais joueurs ! C’est ensuite l’heure de se dire au revoir. Alors que nous n’avons passé que 3 après-midi avec les jeunes, nous nous sommes attachés à eux, et après les échanges d’e-mail, la séparation est émouvante. Nous prenons conscience que les derniers jours de l’aventure approchent, et que nous n’avons pas très envie de rentrer.
Vendredi 24 juillet
Dès le matin, nous partons pour Karangasso Sambla, village proche de Bouendé, où nous étions allés 10 jours auparavant et où nous avions reçu un accueil exemplaire. A l’ombre des grands arbres, nous installons le décor et dansons. Les villageois arrivent vite, délaissant les étals du marché. La pièce est un succès, nous n’avons que des bonnes réponses aux questions. Nous sommes invités à déjeuner par la responsable du CSPS, le riz gras fait maison est délicieux et nous permet de partager un vrai repas façon burkinabè avec les acteurs.
De retour en fin d’après-midi, nous faisons nos derniers achats de souvenirs…
Samedi 25 juillet
Nous allons à Koumbia, village situé à 60km de Bobo. Nous y arrivons en début d’après-midi, et trouvons les lieux vides, les habitants ayant déserté pour aller aux champs car il a plu la veille. Alors, comme d’habitude, la musique résonne et nous dansons, mais seule une trentaine de personnes, dont une majorité d’enfants viennent… Nous attendons donc longtemps avant de commencer. Ca se remplit peu à peu à partir de 16h, mais nous apprenons qu’une cérémonie d’enterrement se déroule en même temps, expliquant le manque de gens. Pour ne pas se finir dans la nuit, la pièce doit quand même commencer. Les acteurs, qui ne sont pas habitués à ne jouer que devant un public si restreint ont un peu de mal à se lancer. Mais les spectateurs sont très attentifs et réactifs, les acteurs peuvent jouer avec eux et font finalement une de leurs meilleures prestations ! Le public a bien pris conscience de ce qui a été dit, si bien que notre stock de 100 moustiquaires à vendre est vite épuisé… Nous en enverrons d’autres très prochainement, et une représentation est déjà prévue pour septembre, quand tout le village sera là. Nous rentrons satisfaits de cette journée de sensibilisation.
Dimanche 26 juillet
C’est la dernière tournée, Jérôme l’a prévue dans la ville de Banfora, haut lieu touristique du Burkina Faso. C’est une ville assez grande et très animée. Nous arrivons à 10h, certains spectateurs nous attendent déjà. Les gens affluent vite dès que Zaccharia joue du jambé. Pour la dernière représentation, nous dansons beaucoup, un unijambiste et une vieille femme présents dans le public se joignent à nous. La pièce commence. Elle est vite interrompue : le préfet estime que le spectacle trouble la calme de la ville. On a beau insister, aller dans son bureau, aucune contestation n’est possible. Ca fait pourtant 4 ans que la pièce s’y joue. Écœurés, nous devons nous résoudre à ranger les décors. Jérôme convient alors avec le chef du village de Péni, village sur la route entre Banfora et Bobo, d’y faire le spectacle dans l’après-midi.
Nous marchons pour admirer la cascade de Banfora, les champs de canne à sucre et les paysages grandioses.
Au retour, nous nous arrêtons donc à Péni, mais en nous v oyant, des enfants se mettent à jouer des extraits de la pièce. Le major du CSPS nous informe que tout le monde ici est sensibilisé et connait déjà bien le spectacle… nous sommes donc inutiles ici !
Nous rentons tard, déçus des événements de cette journée… la belle cascade nous a sauvé la mise !
Lundi 27 juillet : dernière journée
Nous avons décidé de passer notre dernier jour avec les acteurs. Le matin, nous nous retrouvons tous au centre Terya SO pour faire de grands jeux d’extérieurs ensemble. Nous discutons ensuite du mois passé ensemble, de tout ce qu’on pourrait améliorer, du fonctionnement du groupe… Le bilan est positif, nous sommes heureux de nous être rencontrés, content de ce que nous avons fait ensemble.
Nous rentrons ensuite faire nos valises, ranger la maison.
Le soir, Jérôme vient diner avec nous puis tous les acteurs nous rejoignent pour faire la fête à la maison. Après la danse et la fête, les acteurs nous offrent un tableau, nous échangeons les remerciements. C’est l’heure de se quitter.
Mardi 28 juillet : le départ
Nous nous levons tôt, Jérome vient à 7h chercher la vaisselle qu’il nous avait prêtée, les bouteilles d’eau vides que sa maman remplira de dolo à vendre. Baténé, Makalou et Ibrahim viennent nous dire au revoir. A 9h, nous quittons la maison en minibus, accompagnés de Jérome et Ziacca, notre chauffeur de toujours.
Peu après s’être engagés sur l’unique route goudronnée reliant Bobo à Ouaga, nous sommes surpris de voir une immense file de camions arrêtés sur la route, leurs chauffeurs allongés sur des nattes traditionnelles, à l’ombre des véhicules. La route est bloquée depuis la veille par un camion renversé en travers de la route, pas de passage possible, on ne peut pas contourner pas les abords, le camion sera évacué dans le lendemain, ou au plus tôt dans la soirée.
Mais il existe un autre itinéraire : l’ancienne route, qui traverse des villages et nous rallonge de 200km… nous sommes dans les temps, alors on y va ! Surprise : le chemin est semé d’embuches…
On commence par un virage en montée, et entre deux maisons où il n’y a que 10cm de chaque coté du minibus, puis la route se transforme en escalier… nous traversons des villages perdus, les travailleurs agricoles sont surpris de nous voir… Une mare d’eau barre la route, un paysan la traverse, il a de l’eau jusqu’au dessus des genoux ! Pas le choix, nous devons avancer… Nous voulons descendre pour que le minibus allégé traverse l’eau, mais nous n’avons par le temps : Ziacca accélère et traverse la mare. Nous n’avions pas vu qu’elle était si grande, on fonce, l’eau entre par les fenêtres, l’eau est dépassée, le véhicule s’arrête, on applaudit Ziacca. Celui-ci accélère pour évacuer l’eau des roues, et alors un énorme nuage de fumée noire surgit. On pense être en panne, mais Ziacca nous lance « y a pas de problème », et on redémarre ! 3 heures plus tard, nous atteignons la route goudronnée. Nous ne ferons pas la halte touristique prévue à Boromo : nous verrons les caïmans une autre fois, Ouaga nous attend ! Nous arrivons à l’aéroport à 18h30, soulagés. Quitter Jérome est un moment très émouvant, les déboires de l’enregistrement nous font penser à autre chose ! Nous nous envolons.
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L’article sur Burkina Solidarité (pour en savoir plus sur le projet ) >>
Carnet de voyage Burkina Solidarité n°1 : L’arrivée au Burkina-Faso >>
Carnet de voyage Burkina Solidarité n°2 : Premiers pas sur scène >>
Carnet de voyage Burkina Solidarité n°3 : Jeux d’enfants >>
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Photos : Banfora et une représentation. Burkina Solidarité 2009